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2005

L’Ouragan Katrina ravage la Nouvelle-Orléans

Une catastrophe aux multiples effets

Article créé le 30 août 2011, dernière mise à jour 22 mars 2014


Voir en ligne : NOAA 2010, A Look Back at Hurricane Katrina : 5 Years Later

L’ouragan Katrina, est un des ouragans les plus puissants et les plus larges ayant touché les Etats-Unis. 60% de l’Etat de Louisiane a été inondé. Des vents de tempête tropicale ont sévi sur une surface de 740 km de diamètre, dont, au centre, une surface de 334 km de diamètre de vents cycloniques. Avec des vents de 204 km/h, cet ouragan représente 1’800 morts, des centaines de disparus, 250’000 déplacés et un coût de 134 milliards de dollars. Mais ces chiffres ne permettent pas vraiment de mesurer l’ampleur des conséquences d’une telle catastrophe   naturelle.

"KATRINA, L’EFFET PAPILLON D’UN OURAGAN" [1]

Quand l’environnement   et les infrastructures dont l’Homme dépend sont dévastés, des réactions en chaîne ébranlent tout le système.

Katrina n’a pas eu qu’un impact écologique sur l’environnement   naturel. Certes, de vastes surfaces boisées et cultivées ont été détruites, mais les emplois liés à l’exploitation sylvicole et agricole ont été aussi durement touchés. Les déchets organiques en grande quantité ont permis le développement   d’agents pathogènes, menaçant la santé   publique. L’eau   de mer a provoqué une salinisation des terres cultivées.

Sur le littoral, les vagues ont causé une importante érosion des côtes et des îles environnantes impliquant une perte de biodiversité  . A cela s’ajoute une contamination potentielle des eaux et des produits de la mer, autrement dit des répercussions également importantes pour les secteurs halieutique et touristique.

La destruction des bâtiments et des infrastructures ont eu des effets très divers sur la qualité de vie   de la population et ce, à des échelles de temps variées. La mauvaise gestion de la crise a ravivé les inégalités sociales et ethniques. Les phases de nettoyage et de reconstruction ont impliqué plusieurs conséquences : risques de contamination par les déchets, accidents de chantier, dépressions et suicides.

Les services publics sanitaires et éducatifs ont dû être remis en place. Le port, élément-clé pour une économie axée sur les produits agricoles et les fruits de mer, a dû être remis en état.

Ce que Katrina nous a enseigné ou comment tirer les leçons d’un échec

De toutes ces réactions en chaîne, il faut tirer les enseignements. Tout d’abord, il est important de tenir compte de la force de la nature et de lui laisser suffisamment de place lorsqu’un aménagement est planifié.

Ensuite, il est indispensable de concevoir des plans d’aide à la catastrophe   qui prennent en compte les différents scénarios possibles, tels que guerres, catastrophes naturelles ou épidémies, et qui puissent être réalisés malgré la destruction de toutes les infrastructures sur place. Cette anticipation du risque est d’autant plus importante lorsque les populations humaines ont tendance à augmenter et sont installées sur des zones sensibles. De plus, il est largement admis que les changements climatiques contribuent à augmenter la fréquence et l’intensité des catastrophes naturelles.

Dans le cas de l’ouragan Katrina, un groupe d’analystes juge que le plan d’action était trop flou et que l’aide n’a pas pu être dispensée de manière optimale.

Dans la même optique de prévision d’un risque, il semble nécessaire de veiller à ce que les différents systèmes en place dans une région ne soient pas trop interdépendants et qu’aucun d’entre eux ne soit indispensable, afin qu’ils puissent être remplacés par d’autres, un fonctionnement proche de l’autarcie étant le moins critique.

Seule une approche transdisciplinaire permet de comprendre la complexité du problème, et donc d’entamer correctement la réflexion autour de l’organisation de l’aide sur les différents fronts.

Pour en savoir plus :
- Notre planète.info
- Du risque "naturel" à la catastrophe urbaine : Katrina
- Maps : The Impact of Hurricane Katrina


[1Résumé du texte rédigé par Natacha à Porta, Roger Bär, Janice Johnson, Mila Lomarda et Sebastian Rico, étudiants MUSE à l’Institut des Sciences de l’Environnement de l’Université de Genève, Septembre 2010