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Eco-cités : 10 projets de villes durables pour le 21e siècle

Article créé le 3 décembre 2013, dernière mise à jour 5 décembre 2013


Voir en ligne : "Sustainable Cities : Oxymoron or the Shape of the Future ?"

Tour d’horizon de 10 projets de villes durables en Europe (Irlande, Portugal, Finlande), au Moyen-Orient (Abou Dhabi), en Afrique subsaharienne (Maroc) et en Asie de l’Est (Chine, Corée du Sud).

 Adamstown (Irlande)

S’étalant sur une zone agricole de 214 hectares à 16 km du centre de Dublin, une nouvelle ville irlandaise nommée Adamstown s’élève de terre. Elle comprendra 11 quartiers et fournira d’ici à 2016, 10’000 logements pour 25’000 résidents. Les infrastructures en construction incluent une gare, des lignes de bus, des routes, des écoles et des parcs publics.

Cette initiative privée, qui vit le jour en 2003, propose un développement   à usage mixte comprenant des zones d’habitation, de commerce   et de loisirs. Bien que la réduction carbone ne faisait pas partie du concept originel, dans le cadre de la politique bioclimatique nationale, diverses actions visent à réduire la consommation de CO2 (système de chauffage commun utilisant 30% d’énergies renouvelables, utilisation de béton faible en carbone, etc.)

Sources :
- Eco-towns : learning from international experiences. Appendix- Case studies
- Beyond Eco-towns, Applying the lessons from Europe. Report and Conclusions

 Low2No (Finlande)

Ce projet de développement durable   qui est en construction dans un quartier d’Helsinki fait suite à un concours de design lancé en 2009 par l’agence publique d’innovation finlandaise, Sitra.

Il s’agit d’un projet prototype qui vise à faire la transition entre les villes actuelles et les villes futures à faible consommation d’énergie. Son nom est dérivé de la phrase "from low carbon to no carbon".

Concrètement, ce complexe, dont l’ouverture est prévue pour 2016 inclut 5 immeubles, 500 résidents sur une surface approximative de 22’000 m2, ainsi que des restaurants, marchés et petits commerces qui s’inscrivent dans une logique de durabilité (agriculture local, circuit court).

Sources :
- Site officiel du projet
- "Low2No : des villes en transition vers un futur basse-consommation". Blog la 27ème région

 Masdar City (Abu Dhabi)

Masdar City est sans doute le projet de cité futuriste le plus connu mais aussi le plus critiqué. Il conçoit des logements pour 40’000 habitants et compte accueillir des centaines d’entreprises ainsi qu’une université. L’objectif, au delà de la construction de la ville elle-même, consiste à positionner l’émirat d’Abu Dhabi comme une référence mondiale en matière d’énergie renouvelable et de cleantechs et de montrer qu’il est possible de produire de l’énergie sans recours aux énergies fossiles.

L’architecture bioclimatique et le bannissement des véhicules à moteur au profit de petits véhicules électriques caractérisent cette ville construite en plein désert. Finalement lancé en 2009, ce projet, dont le coût est estimé à 18 milliards de dollars, devrait être achevé entre 2021 et 2025 au lieu de 2016, comme initialement prévu.

Sources :
- Sustainable Cities : Oxymoron or the Shape of the Future
- Cités futuristes, les projets les plus fous, Demainlaville

 Meixi Lake District (Chine)

Ce projet d’éco-cité est censé voir le jour en 2020 dans la capitale Changsha de la province chinoise du Hunan. Il devrait permettre à 180’000 résidents de se loger autour d’un lac artificiel de 40 hectares au sein dans un environnement   naturel qui favorise la santé  . Les 8 quartiers de la ville, à l’identité propre, seront reliés au centre ville par une série de canaux.

Parmi les principales innovations de ce nouveau modèle de développement   chinois figure la construction d’un réseau de transport intelligent dont l’efficacité est lié à la géométrie radiale de la ville. Par ailleurs, cette cité verte fera la part belle à l’’agriculture urbaine ou à la valorisation énergétique des déchets.

Sources :
- The Rise (and Demise) of Earth’s Eco-Cities
- Meixi Lake Master Plan

 Nanjing Eco High-Tech Island (Chine- Singapour)

Initié en 2009, ce projet conjoint du gouvernement chinois et singapourien vise à créer un complexe écologique et technologique sur une île au milieu de la rivière Yangtzee. Il s’agit aussi de proposer un centre fonctionnel pour la recherche et le développement  . Au final, près de la moitié des 15km2 de l’ile sera exploitée, l’autre moitié des terres sera préservée pour en faire de l’écotourisme.

La durée de construction du projet est supérieure à 10 ans. Constituée de 5 petites îles (Technology Development Island, Multi Service Island, Cultural Innovation Island, Low Carbon Experience Island and Tourism Island), le Nanjing Eco High-Tech Island comprendra des bâtiments commerciaux et résidentiels utilisant tous des sources d’énergie renouvelables ; l’accent sur porté sur la faible consommation carbone des infrastructures.

Sources :
- Intelligent eco-township on Nanjing island
- Nanjing Proposed to Build Sino-Singapore Eco Hi-Tech Island

 Plan IT Valley (Portugal)

Ce projet de ville intelligente situé dans le Nord du Portugal à proximité de Porto, devrait accueillir 150’000 habitants d’ici à 2015. Il s’agit là d’un véritable laboratoire urbain à ciel ouvert géré par informatique.

Cette nouvelle ville à 25 milliards d’euros entend bien profiter de la technologie pour favoriser une consommation plus rationnelle des ressources naturelles. Ainsi, ce complexe urbain et ses infrastructures seront équipés de plusieurs millions de capteurs. Par comparaison à une ville "standard", les promoteurs du projet veulent diminuer de 80% la consommation en eau  , et de 50% la consommation en énergie.

Sources :
- "Au Portugal, la ville intelligente c’est pour maintenant", Slate.fr
- Plan It Valley : la nouvelle ville intelligente au Portugal

 Songdo (Corée du Sud)

Songdo est une cité nouvelle ou plutôt une zone franche de 610 ha de la ville d’Incheon en Corée du Sud, bâtie sur une île artificielle de la mer Jaune.

Elle a été notamment désignée pour accueillir le siège du secrétariat du fonds vert onusien pour le climat. Elle constitue le modèle asiatique de la ville intelligente (smart city), ubiquitaire et hyper-connectée qui s’appuie largement pour son fonctionnement sur les technologies de l’information  . Elle dispose par ailleurs d’un chauffage fonctionnant à base de déchets domestiques.

Cette ville en kit qui s’exporte dorénavant dans d’autres pays, constitue l’un des plus grands projets urbanistiques reposant sur des fonds privés, avec un coût de 30 milliards de dollars. A terme, ce projet pilote, dont l’ouverture est prévue en 2014, a pour ambition de devenir un centre d’affaire qui désengorgera Séoul. Son paysage urbain se veut ouvert et occidentalisé avec un tiers d’espaces verts.

Sources :
- Site officiel
- Songdo, version coréenne de la smart city, Energystream
- Cités futuristes, les projets les plus fous, Demainlaville

 Tangshan Bay (Chine)

Ce projet est en cours de réalisation à l’extérieur de la ville industrielle de Tangshan sur des terres gagnées sur la mer Jaune. La construction de cette nouvelle partie de Tangshan a débuté en 2009. Cette première partie de 30 km2 sera mise en œuvre jusqu’en 2025-2030. Le projet final permettra de loger 1,5 millions de résidents.

Sa planification incorpore des parcs et une forêt autour d’une logique de gestion soutenable de l’eau   :
- protection contre l’augmentation du niveau de la mer et les inondations ;
- aménagement de bords de mer attractifs ;
- mise en œuvre d’une gestion plus rationnelle des ressources naturelles ;
- développement   de l’agriculture urbaine.

Sources :
- "China building large eco-city modelled on Malmö"
- An integrated approach on sustainable urban development and water management. Case study Tangshan Bay Eco-City, China

 Tianjin (Chine-Singapour)

Ce projet sino- singapourien d’’une superficie de 30km2, se situe à environ 40 km de la ville de Tianjin et à 150 km de Pékin. Ses promoteurs veulent en faire un modèle de développement durable   qui abritera 350’000 résidents autour de 2020.

La planification se concentre autour de trois objectifs majeurs :
- construire une ville compacte ;
- donner la priorité au transport public et non motorisé ;
- créer un réseau d’espaces verts et bleus.

Écologiquement parlant, l’accent sera notamment porté sur le système de chauffage de l’eau   sanitaire (alimenté par des panneaux solaires placés sur les toits), le recyclage (60% des déchets ménagers seront recyclés) et la mobilité (seuls des véhicules de type hybride pourront circuler).

Sources :
- Site officiel
- Cités futuristes, les projets les plus fous, Demainlaville

 Zenata (Maroc)

Ce projet de ville nouvelle dans l’agglomération de Casablanca a débuté en 2006 et doit accueillir 300’000 résidents d’ici à 2030. Il a été financé à 50% par l’agence de développement   français, avec un coût estimé à 296 millions d’euros.

S’insérant dans un grand programme d’urbanisation   qui prévoit la construction de 15 nouvelles villes marocaines d’ici 2020, l’objectif de cette écocité est de constituer un modèle de développement   soutenable pour le pays. Sa construction, qui se décline en 14 quartiers, a été planifiée en plusieurs phases sur une période de plus de 30 ans (2012-2042).

Les concepteurs de Zenata entendent ainsi refaçonner l’environnement   urbain marocain, privilégier la mobilité et les espaces verts ou encore créer plus de 130’000 emplois dans des activités non polluantes.

Sources :
- "Zenata : la ville nouvelle de Casablanca aux ambitions écolos", Usinenouvelle.com
- Zenata, an ecocity in Casablanca, AFD