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2015

Economie du partage

Article créé le 30 avril 2015, dernière mise à jour 14 janvier 2016


Voir en ligne : Économie du partage : enjeux et opportunités pour la transition écologique

Depuis plusieurs années, on entend de plus en plus parler de l’économie du partage, ou encore de l’économie collaborative. Qu’entend-on réellement par là ? Quels sont les enjeux de cette économie ? Quels sont les liens avec le développement durable   ?

L’économie du partage peut se définir comme tout système socio-économique reposant sur le partage d’actifs humains et matériels. On peut distinguer trois types de pratiques : réemploi/réutilisation, mutualisation, et mobilité partagée.
Le réemploi peut prendre la forme du don, du troc ou encore de la vente d’occasion, l’automobile étant le produit phare.
La mutualisation consiste à louer ou emprunter un objet. Cela peut donc être payant ou gratuit. La location d’appartement est notamment en train de prendre une ampleur importante, grâce à la création de plateformes internet facilitant la mise en relation entre "loueurs" et clients.
Enfin, la mobilité partagée connait également un élan grandissant, le co-voiturage en étant l’exemple le plus courant.

Ces types de pratiques, même si cela est moins flagrant dans le cadre de la mobilité partagée, renvoient à des pratiques anciennes. Troc, don, emprunt, location, tout cela n’est pas nouveau. Ce sont les avancées technologiques qui ont permis de relancer un intérêt pour ces formes de partage et de collaboration. L’intérêt pour le développement durable   est aussi un facteur incitant les individus à chercher des solutions leur permettant de consommer moins.

Selon une étude menée en France en 2014, les biens partageables sont de l’ordre de 25% des dépenses des ménages français. En outre, il apparaît que les biens partageables des ménages représentent un tiers des déchets de ces derniers. Il existerait donc à la fois un problème écologique et un potentiel économique. Le même rapport indique que si les modèles de partage étaient utilisés « au mieux », c’est jusqu’à 7% du budget et 20% des déchets des ménages qui pourraient être économisés.

 De nombreux domaines

De plus en plus de domaine de l’économie, et de la vie de tous les jours sont touchés par ce type d’économie, comme l’illustre le graphique ci-dessous.

 Critiques

Toutefois, il existe de nombreuses critiques à l’égard de ce modèle d’économie. On lui reproche notamment d’être récupéré par l’économie "classique" : le loueur de voiture Avis a racheté Zipcar, et l’on peut trouver des chambres d’hôtel sur Airbnb. En outre, les sociétés prônant le partage des savoirs-faire (oDesk, TaskRabbit) jouent les intermédiaires pour des travailleurs sans protection sociale et souvent mal payés. A noter encore que la question de la légalité de ces services collaboratifs et leur supposée concurrence déloyale aux acteurs historiques (Uber contre les chauffeurs de taxis, par exemple) est également avancée comme une critique.

 Une solution d’avenir pour le développement durable   ?

En Suisse, c’est surtout l’aspect de la mobilité partagée qui a été développé. Mobility existe depuis 1987. Se développent également les sites permettant l’échange de services, tels que Mila ou Jacando.
En Suisse comme ailleurs, cette tendance peut représenter une option intéressante dans l’optique du développement durable  . Elle touche en effet à tous les domaines, que ce soit l’économie en permettant de mutualiser les coûts et d’être plus efficace -"Vous avez besoin du trou, pas de la perceuse", nous rappelle Rachel Botsman- ; l’environnement  , en permettant de réduire la consommation et la production de biens ; et le social, puisqu’en misant sur l’échange, cette économie crée du lien social et rapproche les membres des communautés.

Sources :

Pour en savoir plus :